Une cyberattaque peut suffire à perturber le fonctionnement de toute une collectivité. État civil, paie, action sociale, gestion des équipements, services aux usagers : lorsque les systèmes informatiques sont touchés, de nombreuses activités peuvent être ralenties, voire interrompues.
Et la menace s’intensifie. En 2025, 5 078 collectivités et administrations ont sollicité l’assistance du 17Cyber, soit une hausse de 22 % en un an. Un chiffre qui témoigne de l’exposition croissante du secteur public aux risques cyber.
Pourtant, de nombreuses attaques exploitent encore des failles simples : un mot de passe compromis, un courriel piégé ou un logiciel non mis à jour. Sensibiliser les agents, sécuriser les accès, maintenir les systèmes à jour, sauvegarder les données et détecter les menaces sont autant de réflexes essentiels pour mieux se protéger.
Découvrez 5 actions concrètes pour renforcer la cybersécurité de votre collectivité, limiter les risques et mieux réagir en cas d’attaque.
Pourquoi les collectivités sont-elles particulièrement exposées aux cyberattaques ?
Les collectivités sont devenues des cibles privilégiées des cybercriminels. Quelle que soit leur taille, aucune n’est à l’abri d’une cyberattaque. Plusieurs facteurs expliquent cette exposition :
- Elles détiennent de nombreuses données sensibles. État civil, fiscalité, dossiers sociaux, données scolaires, informations sur les agents : les collectivités traitent quotidiennement des données personnelles sur leurs habitants et leurs collaborateurs. Leur vol peut servir à alimenter des fraudes, des usurpations d’identité ou des tentatives d’extorsion.
- Elles doivent assurer la continuité du service public. État civil, paie des agents, services sociaux, démarches administratives : une interruption du système d’information peut rapidement perturber le fonctionnement de la collectivité et les services rendus aux usagers.
- Leurs systèmes d’information sont parfois complexes et hétérogènes. Une collectivité peut utiliser de nombreux logiciels et équipements, répartis entre plusieurs bâtiments, services et prestataires. Cette diversité peut rendre la sécurisation de l’ensemble du système d’information plus difficile.
Dans ce contexte, les collectivités font face à des cybermenaces variées : piratage de comptes, hameçonnage, rançongiciels, vol de données ou fraude au faux virement.
Les conséquences dépassent largement la simple panne informatique. Une cyberattaque peut perturber ou interrompre des services publics, exposer des données personnelles, engendrer des coûts importants et fragiliser la confiance des usagers.
Quels sont les principaux points d’entrée des cyberattaques ?
Pour mener une cyberattaque, les cybercriminels cherchent généralement l’accès le plus facile au système d’information. Or, une collectivité utilise de nombreux outils numériques et travaille avec de multiples acteurs. Autant d’accès potentiels à surveiller.
- La messagerie : un courriel qui semble provenir d’un fournisseur, d’un partenaire, d’un responsable ou d’un service interne peut inciter un agent à cliquer sur un lien, ouvrir une pièce jointe ou communiquer ses identifiants.
- Les comptes et les mots de passe : un mot de passe trop simple, réutilisé ou compromis peut permettre à un attaquant d’accéder à une messagerie, une application métier ou un service en ligne.
- Les postes de travail et les équipements mobiles : un ordinateur ou un smartphone mal protégé ou non mis à jour peut devenir une porte d’entrée vers le système d’information. Le risque existe aussi lors des déplacements ou du télétravail.
- Les applications métiers : finances, ressources humaines, action sociale, transports, gestion des équipements, services techniques ou démarches aux usagers… Les collectivités s’appuient sur de nombreux logiciels. Une application vulnérable ou mal configurée peut exposer des données ou des accès sensibles.
- Les prestataires et partenaires : éditeurs de logiciels, hébergeurs, sociétés de maintenance ou opérateurs peuvent disposer d’accès au système d’information. La cybersécurité de la collectivité dépend donc aussi de son écosystème numérique.
- Les usages humains : agents, élus, contractuels ou saisonniers peuvent être ciblés par des techniques d’ingénierie sociale. Un faux appel du support informatique ou une demande urgente crédible peut suffire à tromper un utilisateur.
- Les équipements connectés : caméras de vidéoprotection, systèmes de contrôle d’accès, imprimantes et photocopieurs, équipements techniques ou objets connectés font eux aussi partie du périmètre à sécuriser.
Plus le système d’information est étendu, plus les points d’accès à surveiller se multiplient. Identifier ces portes d’entrée est donc la première étape pour réduire le risque de cyberattaque.
Comment réagir en cas de cyberattaque ?
Même avec un bon niveau de protection, le risque zéro n’existe pas. En cas de cyberattaque, la capacité d’une collectivité à réagir rapidement et de manière coordonnée est essentielle pour limiter les conséquences. L’ANSSI souligne d’ailleurs que les incidents peuvent affecter de nombreux services et un grand nombre de citoyens.
1. Avant une cyberattaque : préparez votre collectivité
La réponse à une cyberattaque se prépare avant qu’elle ne survienne.
- Identifiez les personnes à mobiliser en cas de crise : direction générale, responsables informatiques, DPO, communication, élus concernés et prestataires.
- Conservez les contacts et procédures d’urgence hors du système d’information, afin qu’ils restent accessibles si les outils habituels sont indisponibles.
- Prévoyez des modes de fonctionnement dégradés pour maintenir les activités et services prioritaires en cas d’indisponibilité du système d’information.
- Testez régulièrement votre organisation à travers des exercices de gestion de crise. La préparation et la mise en place d’un plan de réponse font partie des mesures préconisées par l’ANSSI.
2. Pendant une cyberattaque : comment réagir pour limiter les dégâts ?
Lorsqu’une attaque est détectée, l’objectif est d’abord d’éviter sa propagation et de préserver les éléments qui permettront de comprendre ce qui s’est passé.
- Alertez immédiatement les personnes identifiées dans votre dispositif de crise et mobilisez les compétences techniques nécessaires.
- Isolez les systèmes compromis du réseau et évitez toute manipulation susceptible de détruire des traces utiles à l’investigation.
- Faites-vous accompagner pour analyser l’incident et engager les premières actions de remédiation.
- En cas de rançongiciel, ne payez pas la rançon. L’ANSSI rappelle que le paiement n’offre aucune garantie de récupération des données et contribue à alimenter l’activité cybercriminelle.
- Engagez les démarches de signalement et de plainte adaptées à la nature de l’incident. L’ANSSI recommande notamment le dépôt de plainte en cas d’attaque par rançongiciel.
- Communiquez de manière claire et maîtrisée auprès des agents, partenaires ou usagers concernés, selon l’impact de l’incident.
3. Après une cyberattaque : rétablissez vos services en toute sécurité
Le retour à la normale doit être progressif. Il ne suffit pas de remettre les systèmes en fonctionnement.
- Identifiez l’origine et le périmètre de la compromission avant de rétablir les services.
- Restaurez les systèmes à partir de sources saines et vérifiez leur sécurité avant leur remise en production, conformément aux recommandations de l’ANSSI.
- Sécurisez les accès qui ont pu être compromis, notamment les comptes et les identifiants concernés.
- Analysez l’incident et tirez-en les enseignements pour renforcer la sécurité et améliorer le dispositif de gestion de crise.
Pour approfondir spécifiquement la conduite à tenir lorsqu’une attaque compromet des données personnelles, consultez notre article : Collectivités : comment réagir après une violation de données ?
Qui doit piloter la cybersécurité dans une collectivité ?
La cybersécurité ne relève pas uniquement du service informatique. Elle concerne l’ensemble de la collectivité et doit être portée par la direction, avec des rôles clairement définis.
- Les élus et la gouvernance donnent l’impulsion, définissent les priorités et veillent à ce que les moyens nécessaires soient mobilisés.
- La direction générale coordonne la démarche entre les différents services et organise la gestion de crise.
- La DSI ou le responsable informatique pilote la sécurisation du système d’information et veille au maintien des protections techniques.
- Le DPO intervient sur les enjeux liés à la protection des données personnelles. En cas de violation de données, il accompagne la collectivité dans l’analyse de l’incident et les éventuelles démarches auprès de la CNIL.
- Les agents ont également un rôle essentiel. Ils appliquent les bonnes pratiques et signalent rapidement les comportements ou événements suspects.
- Les prestataires et partenaires doivent répondre aux exigences de sécurité définies par la collectivité, notamment lorsqu’ils accèdent à son système d’information ou traitent des données pour son compte.
Toutes les collectivités ne disposent pas des mêmes ressources ni de la même organisation. L’essentiel est donc de définir clairement qui pilote la cybersécurité, qui intervient en cas d’incident et qui doit être alerté. Certaines compétences peuvent également être confiées à des experts externes lorsque les ressources ne sont pas disponibles en interne.
Sur le volet des données personnelles, découvrez également les bénéfices d’un DPO externalisé pour une collectivité.
Cyber 360° : une protection globale pour les collectivités
Face aux cyberattaques, une seule mesure de sécurité ne suffit pas. La protection d’une collectivité repose sur une approche globale, capable d’agir avant, pendant et après une attaque.
C’est l’objectif de Cyber 360°, l’offre de cybersécurité d’ADNOV, adaptée aux enjeux des collectivités. Elle associe plusieurs niveaux de protection au sein d’un même dispositif :
- Évaluer votre niveau de cybersécurité pour identifier les vulnérabilités et les priorités d’action,
- Sensibiliser vos agents aux principales cybermenaces et aux bons réflexes à adopter,
- Protéger les postes de travail contre les logiciels malveillants et les tentatives d’intrusion,
- Détecter les comportements suspects et les menaces pour pouvoir intervenir rapidement,
- Bénéficier d’une supervision et de l’accompagnement d’experts pour ne pas rester seul face au risque cyber.
Avec Cyber 360°, votre collectivité bénéficie d’une protection cohérente et d’un accompagnement adapté à ses enjeux, avec un interlocuteur unique pour simplifier le pilotage de sa cybersécurité.
Vous pouvez ainsi vous concentrer sur l’essentiel : assurer la continuité de vos services et protéger les données qui vous sont confiées.
Et vous, votre collectivité est-elle suffisamment protégée ?
Faites le point avec un expert ADNOV et découvrez les solutions adaptées à vos enjeux.
Sources : cyber gouv, guide ANSSI