Données financières, déclarations fiscales, bulletins de paie, coordonnées bancaires, données personnelles… un cabinet d’expertise comptable concentre une grande quantité d’informations sensibles sur ses clients.
Ces données ont de la valeur. Elles attirent donc les cybercriminels.
Une attaque peut également bloquer les outils du cabinet et perturber son activité pendant plusieurs jours. L’attaque subie par Coaxis en décembre 2023 l’a concrètement montré : des cabinets utilisateurs de services hébergés chez le prestataire ont perdu l’accès à des données et outils, avec des répercussions jusque sur certaines échéances déclaratives.
Alors, pourquoi les cabinets comptables sont-ils ciblés ? Quelles sont les principales cyberattaques ? Comment réduire les risques ? Et que faire lorsqu’une attaque survient ?
Pourquoi les cabinets d’expertise comptable sont-ils exposés aux cyberattaques ?
Les cabinets d’expertise comptable représentent une cible particulièrement attractive pour les cybercriminels. La raison est simple : ils concentrent les données de nombreuses entreprises et de leurs salariés.
Données comptables, fiscales, sociales, bancaires, coordonnées personnelles, accès à certains outils… compromettre un seul cabinet peut permettre à un pirate d’accéder à une grande quantité d’informations confidentielles et, dans certains cas, de rebondir vers ses clients.
À cela s’ajoute une forte dépendance aux outils numériques. Une attaque peut donc avoir un double objectif : voler des données ou paralyser l’activité du cabinet pour exercer une pression financière.
L’attaque subie par Coaxis en décembre 2023 en est une illustration. L’indisponibilité de certains services a eu des répercussions sur des cabinets comptables et, par ricochet, sur leurs entreprises clientes.
Une cyberattaque n’est donc pas seulement un problème informatique. Elle peut rapidement devenir un problème métier, en empêchant les collaborateurs de travailler, en retardant certaines échéances et en fragilisant la relation de confiance avec les clients.
Qui est concerné par le risque cyber dans un cabinet comptable ?
Tout le cabinet.
Le dirigeant ou l’associé est concerné. Les collaborateurs et les équipes administratives le sont aussi.
Une attaque peut commencer par une action très simple : un collaborateur ouvre une pièce jointe infectée, saisit son mot de passe sur un faux site ou utilise des identifiants qui ont déjà été compromis.
C’est pourquoi la cybersécurité ne doit pas être uniquement l’affaire du prestataire informatique.
Chaque collaborateur participe à la sécurité du cabinet.
Il faut donc associer protection technique, organisation et sensibilisation.
Quelles cyberattaques menacent le plus un cabinet comptable ?
Les méthodes utilisées par les attaquants sont nombreuses. Quatre risques méritent notamment une attention particulière.
1. Le phishing
Le phishing, ou hameçonnage, est une technique de fraude qui consiste à se faire passer pour un interlocuteur de confiance afin de tromper la victime.
Un email semble par exemple provenir d’un client, d’une banque, d’un fournisseur ou d’un dirigeant. Il demande de cliquer sur un lien, d’ouvrir une pièce jointe ou de saisir ses identifiants.
C’est ce qui rend le phishing particulièrement dangereux : l’attaquant cherche à tromper une personne pour accéder au système d’information du cabinet.
Avec des identifiants récupérés, il peut ensuite tenter d’accéder à la messagerie, aux documents ou aux applications du cabinet.
2. Le ransomware
Un ransomware, ou rançongiciel, est un logiciel malveillant conçu pour bloquer l’accès à des données ou à des systèmes informatiques afin d’exiger une rançon.
Il cherche notamment à chiffrer des fichiers pour les rendre inutilisables. Dans certains cas, les cybercriminels peuvent également voler des données et menacer de les divulguer.
Les conséquences peuvent être importantes pour un cabinet : postes bloqués, logiciels indisponibles, fichiers inaccessibles et activité perturbée.
L’attaque subie par Coaxis entre les 7 et 8 décembre 2023 était précisément une attaque par rançongiciel.
3. Le vol de données
Toutes les cyberattaques ne cherchent pas à bloquer l’entreprise.
Certaines cherchent avant tout à récupérer des informations confidentielles.
Identifiants, coordonnées bancaires, données personnelles, documents financiers ou fiscaux peuvent notamment être recherchés.
Ces données peuvent ensuite servir à commettre d’autres fraudes ou à préparer de nouvelles attaques.
4. La compromission d’un compte
Une adresse email et son mot de passe peuvent parfois suffire à un attaquant.
Une messagerie compromise peut par exemple être utilisée pour surveiller des échanges ou adresser de faux messages aux contacts du cabinet.
Protéger les comptes utilisateurs est donc aussi important que protéger les ordinateurs.
Où se situent les principales failles de sécurité ?
Une cyberattaque peut venir de plusieurs endroits. Les failles ne sont pas uniquement techniques. Le facteur humain et l’accès physique aux locaux peuvent aussi ouvrir la voie à une attaque.
- Du poste de travail, lorsqu’un logiciel est vulnérable, qu’une mise à jour n’a pas été effectuée ou qu’un fichier malveillant est ouvert.
- De la messagerie, à la suite d’une tentative de phishing, d’un compte compromis ou d’une erreur de manipulation.
- Du réseau, lorsque les accès sont insuffisamment protégés.
- Du cloud, lorsqu’un compte utilisateur est compromis ou que les droits d’accès sont mal configurés.
- D’un prestataire, lorsque celui-ci dispose d’un accès au système d’information ou héberge des services indispensables au cabinet.
- Du facteur humain, lorsqu’un collaborateur clique sur un lien frauduleux, communique involontairement ses identifiants ou utilise une clé USB inconnue ou compromise. Une simple erreur ou un moment d’inattention peut suffire à ouvrir une porte à un attaquant.
- Des locaux du cabinet, enfin. Une personne non autorisée qui accède aux bureaux peut tenter de consulter un ordinateur laissé déverrouillé, récupérer des documents confidentiels ou connecter un périphérique malveillant. Une clé USB trouvée ou laissée volontairement dans les locaux ne doit jamais être branchée sur un poste de travail.
La cybersécurité doit donc protéger l’ensemble de l’environnement du cabinet : les outils, les données, les accès, les locaux et les usages des collaborateurs
Comment protéger son cabinet comptable contre les cyberattaques ?
Il n’existe pas un outil unique capable de supprimer le risque cyber.
La protection repose sur plusieurs couches de sécurité complémentaires.
1. Sécuriser les mots de passe avec un gestionnaire dédié
Les collaborateurs utilisent de nombreux comptes et applications au quotidien. Il peut alors être tentant de choisir des mots de passe simples ou de réutiliser le même pour plusieurs services.
Un gestionnaire de mots de passe permet de créer et de conserver des mots de passe complexes et uniques pour chaque compte, sans avoir à tous les mémoriser.
Il permet également de centraliser leur gestion dans un espace sécurisé et d’éviter certaines mauvaises pratiques, comme les mots de passe enregistrés dans un fichier ou notés sur papier.
En cas de compromission d’un compte, l’utilisation de mots de passe différents limite aussi le risque que d’autres accès du cabinet soient compromis.
2. Maintenir les logiciels et équipements à jour
Une faille de sécurité connue peut constituer une porte d’entrée.
Il faut donc maintenir à jour :
- les systèmes d’exploitation,
- les logiciels métiers,
- les navigateurs,
- les solutions de sécurité,
- les équipements réseau,
- les serveurs.
Les équipements et logiciels qui ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité doivent également être identifiés puis remplacés.
3. Protéger les postes avec un EDR
L’antivirus reste utile, mais les attaques ont évolué.
Un EDR, pour Endpoint Detection and Response, surveille l’activité des postes de travail afin d’identifier des comportements suspects. Il peut détecter certaines actions malveillantes, bloquer des processus et aider à isoler un poste compromis.
Pour mieux comprendre ce qui distingue ces deux niveaux de protection, découvrez notre article Antivirus vs EDR : quelles différences ?
Pour un cabinet comptable, protéger les postes est essentiel. Même lorsque les données sont hébergées dans le cloud, l’ordinateur du collaborateur reste l’une des portes permettant d’y accéder.
4. Associer l’EDR à une surveillance SOC
Détecter une alerte ne suffit pas toujours.
Encore faut-il être capable de l’analyser rapidement.
C’est le rôle du SOC, ou Security Operations Center. Des experts en cybersécurité supervisent les alertes et peuvent intervenir lorsqu’une menace est détectée.
L’association EDR + SOC permet ainsi d’allier détection technologique et analyse humaine.
Pour un cabinet qui ne dispose pas d’une équipe cybersécurité en interne, cette surveillance constitue une couche de protection particulièrement intéressante.
5. Sauvegarder ses données et tester leur restauration
Une sauvegarde n’est réellement utile que si elle peut être restaurée.
Le cabinet comptable doit donc disposer de sauvegardes régulières, protégées et suffisamment isolées du système principal pour qu’une attaque ne puisse pas toutes les compromettre simultanément.
Il faut surtout effectuer régulièrement des tests de restauration.
L’objectif est simple : savoir avant une crise si les données peuvent réellement être récupérées.
6. Sécuriser les accès et limiter les droits
Tous les collaborateurs n’ont pas besoin d’accéder à toutes les informations.
Les droits doivent correspondre aux missions de chacun.
Un collaborateur qui change de fonction ou quitte le cabinet doit également voir ses accès adaptés ou supprimés rapidement.
Ce principe limite l’impact potentiel d’un compte compromis.
7. Sensibiliser les collaborateurs à la cybersécurité
La sensibilisation à la cybersécurité doit s’inscrire dans la durée. Une action ponctuelle ne suffit pas : face à des menaces qui évoluent, les bons réflexes doivent être régulièrement entretenus.
Les équipes doivent régulièrement être confrontées à des situations proches de celles qu’elles peuvent rencontrer :
- reconnaître un email de phishing,
- contrôler un changement de coordonnées bancaires,
- identifier une demande inhabituelle,
- utiliser correctement leurs mots de passe,
- sécuriser le travail à distance,
- savoir à qui signaler un comportement suspect.
Des simulations de phishing peuvent compléter cette sensibilisation.
L’objectif n’est pas de piéger les collaborateurs.
Il est de créer les bons réflexes avant qu’une véritable attaque ne survienne.
Comment construire une cybersécurité adaptée à un cabinet comptable ?
Protéger un cabinet d’expertise comptable ne consiste pas à multiplier les outils. Une cybersécurité efficace repose sur plusieurs niveaux de protection complémentaires.
C’est dans cette logique qu’ADNOV a conçu Cyber 360°, une approche globale de la cybersécurité qui agit sur cinq leviers complémentaires :
- Évaluer, pour identifier les vulnérabilités du cabinet, mesurer son exposition aux risques et définir les actions prioritaires.
- Former, pour sensibiliser les collaborateurs aux cybermenaces et installer durablement les bons réflexes.
- Protéger, pour renforcer la sécurité des postes de travail, des serveurs, des identifiants et des échanges de documents confidentiels.
- Détecter, pour surveiller les comportements suspects et identifier au plus tôt les signes d’une potentielle compromission.
- Réagir, pour intervenir lorsqu’un incident survient, limiter sa propagation et réduire ses conséquences sur l’activité du cabinet.
Avec Cyber 360°, la technologie et l’expertise humaine se complètent pour agir avant, pendant et après une cyberattaque. L’objectif n’est pas seulement de renforcer les protections. Il est aussi d’aider le cabinet à connaître ses risques, à préparer ses équipes, à détecter plus rapidement une menace et à savoir comment réagir lorsqu’un incident survient.
Parce qu’aucune mesure de sécurité ne peut supprimer totalement le risque cyber, l’enjeu est de construire une défense capable de prévenir les attaques, mais aussi d’en limiter l’impact.
Avec une solution globale de cybersécurité, ADNOV veille sur votre cabinet pendant que vous restez concentré sur votre métier et vos missions.
Spécialiste de l’accompagnement des professions réglementées, ADNOV protège aujourd’hui plus de 20 000 postes de travail en France, notamment grâce à un EDR souverain qualifié par l’ANSSI.
Vous aussi, faites le choix d’une cybersécurité globale et durable avec Cyber 360° ADNOV.